.. Là est bien ce dont j'aurai besoin.
Edit pour ma poto Anais qui en a rien à faire que ma vie ce soit pourrie et qui veut juste acheter le même mug haha :D Je l'ai
acheté durant l'été 2009 dans le Michigan dans une petite boutique de gadget de cuisine à Pentwater. Voilààà !
Après une semaine pleine d'émotion en France, rythmée de mes retrouvailles avec mon amoureux, du mariage de mon grand frère avec toute la famille et des multiples mini rdv avec les copines, je
suis rentrée à Liverpool hier..
Mon périple (l'emploi du mot périple n'est pas abusif ici, vous verrez) :
- Départ 14h. Je traverse tout Lyon avec ma valise de 20 kilos, plus ma sacoche d'ordi, plus mon sac à main de trois tonnes. Un bus - un métro - un autre métro.. J'arrive enfin à la gare.
- TGV à 15h. Je vous épargne la totalité du discours que le gros con à côté de moi m'a tenu, mais en gros ça donnait ça : "Je suis pas raciste, mais il y a de bonnes choses dans le discours de
Marine Le Pen [...]". Je réplique que la plupart des gens qui votent Le Pen habitent dans les campagnes et n'ont pas un arabe à quinze kilomètres à la ronde.. Il me répond : "Bah oui mais c'est
pour pas que ça change qu'ils votent Le Pen, ils savent que si les étrangers arrivent jusqu'à chez eux, ils vont se faire voler et aggresser. Ils veulent éviter ça, ils sont pas cons les gens."
Et bien je ne sais pas si ces gens sont cons ou non, mais ce qui est clair c'est que toi tu en es un beau, de con..
Ce type était tellement nationaliste qu'il a réussi à insulter les belges qui sont montés dans le train à mi-parcours. Je ne reviendrai pas sur ses commentaires sur l'éducation parce que c'était
tellement creux et stupide que je n'arriverai pas à poser des mots intelligents dessus. J'ai fini par allumer mon ordi et commencer mon boulot, à force de ne plus lui répondre quand il
m'adressait la parole, le gros plein de soupe s'est finalement tu. Mais ne soyons pas trop durs, il a eu la gentillesse de monter et descendre mon énorme valise (en faisant tomber mon
ordinateur..).
- Aéroport à 17h. Après les trois heures les plus charmantes de ma vie, j'arrive finalement à l'aéroport, sauve, mais pas tout à fait saine, suite aux immondices déblatérées par ce vulgaire
personnage. La première étape était passée, mais j'étais loin d'être au bout de mes peines. Quatre longues heures, c'est le temps que j'avais à attendre. Vive les correspondances foireuse, vive
ma vie. J'ai du attendre une heure et demie avant de pouvoir enregistrer mon bagage et donc accéder à la zone Duty Free autrement appelée zone de frustration. Frustration pour deux raisons, "Mais
elle est toute petite cette zone Duty Free !!" et "De toute façon j'ai pas de sous.".
En bref, mes quatres heures à l'aéroport ont été pleine de vide. J'ai regardé les gens, puis j'ai rapidement arrêté. Pourquoi? Installez-vous dans un aéroport ou dans une gare et faites de même,
vous réaliserez rapidement que vous et votre maniaco-dépression chronique, vous êtes absolument sains.
J'aurai pu m'occuper grâce à des interractions sociales via la technologie, me direz vous.. C'était sans compter l'absence de crédit sur mon téléphone et le wifi payant à l'aéroport. Il a donc
fallu être stratégique... très stratégique. Mon copain m'a appelé, j'ai papoté le plus longuement possible avec lui, puis il a fallu ruser.. Je lui ai demandé d'envoyer un message à mon père pour
que ce dernier m'appelle à son tour. "Bonjour Jean-Pierre, votre fille exige que vous l'appeliez sur son portable. Bonne journée." c'est le message que mon papa a reçu, en provenance de
l'expéditeur "son chat". Appel du paternel : "Salut ma fille, j'ai reçu un sms de ton chat me transmettant tes exigences, comment vas-tu?" YES mon plan a fonctionné :D Super papa en action, je
lui ai tenu la jambe une demi heure. Et comme pour se remettre émotionnellement d'un conversation avec mon père il faut une demi heure aussi, j'ai été occupée une heure entière.
- Avion à 20h45. Passage au rayon x et au détecteur de métaux réussi. Je ne suis pas une terroriste. Je poireaute (qu'est-ce qu'on leur veut à ces pauvres poireaux) trois quarts d'heure de plus
et me voilà enfin dans l'avion. Le début de la fin. La fin du voyage certes, mais aussi la fin de ma résistance mentale. Devant moi, une grande famille avec six enfants en bas âge. J'avoue avoir
eu une petite pensée pour le vieux réac' du tgv et ses réflexions sur l'éducation.. Oui oui, une heure et demie de cris et de chahut.. Pour ceux qui ne le sauraient pas, je ne suis pas du genre à
m'extasier devant un gnôme qui hurle. J'aime pas les enfants. (Frère, belle-soeur, si vous passez par là, j'aimerai votre rejeton de tout mon coeur, elle/il sera l'exception qui confirme la règle
c'est promis).
Comme ce n'était pas suffisant.. L'avion est arrivé cinq minutes en avance. Tous les voyageurs se sont levés, prêts à partir, sauf qu'on ne pouvait pas descendre avant que le petit mec avec son
gilet jaune fasse des mouvements de macaréna nous autorisant à quitter l'engin. Et là.. c'est le drame. Juste là, derrière moi, un mec un peu bizarre se colle à moi. Pas un pervers, non non, mais
finalement j'aurai presque préféré sachant que je n'aurai pas risqué grand chose entourée de tant de gens. Il faut pas se moquer, je veux pas être méchante, mais cette personne en surcharge
pondérale et à l'air peu éveillé avait des incontinences. Si elles sont souvent dues à des médicaments, elles n'en sont pas pour autant agréables. L'odeur de pisse froide était franchement
insupportable. Ces cinq minutes ont été longues, très longues.. Sortant de l'avion, je marche/cours pour accéder à un air sain.. Et à croire que je méritais vraiment ce qui m'arrivait, le nouveau
mec qui s'est retrouvé derrière moi était un vieux poivrot avec une haleine de bierre pas fraîche. Luxe calme et volupté..
- Taxi à 22h45 (21h45 heure locale). Je passe retirer quelques livres sterling pour pouvoir payer ma course et je monte dans un blackcab, ne pouvant pas appeler une compagnie moins chère du fait
de mon absence de crédit téléphonique. On aurait pu croire que j'avais eu mon taff de cons pour la journée, et bien non. Le chauffeur m'a demandé d'où je volais. J'ai dit France, il a compris que
j'étais française, j'ai compris qu'il avait compris qu'il allait m'arnaquer. J'ai attendu la fin de la course et l'annonce du prix. Ca n'a pas raté. J'ai demandé à ce qu'il me rende la monnaie
sur mon billet de dix. Il ne l'a pas fait et m'a parlé un anglais petit nègre. Est-il possible d'être plus irrespectueux envers un étudiant étranger qu'en lui parlant un langage grammaticalement
réduit ? J'ai donc hurlé sur lui en disant que je parlais sans doute mieux anglais que lui et qu'il n'avait pas à me parler comme à une demeurée et que être aimable n'était apparemment pas sa
spécialité puis j'ai claqué la porte.
- Arrivée à l'appart à 22h00. Je rentre dans ma chambre, défait ma valise, me pose un peu.. Et le temps de ranger mon super saucisson français dans la cuisine est arrivé... Si j'avais su ! Je me
doutais que mon absence permettrait à mes collocs d'exprimer librement leur craderie mais j'avais sous-estimé leur potentiel.. Cuisine = Bagdad.
Le lendemain, j'ai passé une heure à nettoyer pour un résultat médiocre. Puis, je me suis rendue compte que ma seule et unique assiette avait disparu de la circulation ainsi que mes cinq filets
de poulet. C'est bête, j'ai presque plus d'argent pour tenir jusqu'aux vacances de Pâcques dans dix jours et pas de quoi me nourrir.
Nous conclurons en disant qu'un "caffé mocha vodka valium latte" à emporter, c'est tout ce qu'il me faut pour réussir à écrire mes deux analyses de document et mon essai ainsi
que pour préparer mon concours dans les dix prochains jours.
CHEERS !
